Clément Venturini sacré Champion de France de cyclo-cross élite hommes à Besançon.
Photo: FFC-Patrick Pichon

Clément Venturini en rêvait

Il avait imaginé sa saison de cyclo-cross sur le plan domestique, un peu, toute proportion gardée, comme l’avait fait Zdenek Stybar, l’année où il passe pro chez Quick-Step qu’il s’impose lors des Championnats du Monde courus chez lui, à Tabor. Mais pour Venturini se fantasme était localisé en France, du côté de Besançon.

 

Le méthodique et exigeant Lyonnais, tant envers lui qu’envers les autres, avaient tout planifié: pas de manche finale de Coupe de France, une épreuve régionale en entrée, une course nationale en guise de plat principal, et si possible: le dessert sur le sol de Bourgogne-Franche Comté. Le plan a fonctionné comme il l’avait imaginé. Clément Venturini est reparti de Besançon paré de tricolore, le deuxième maillot de sa collection chez les élite. Même les vents contraires n’ont pas eu raison de sa motivation, de sa détermination à faire sienne les terres de la Malcombe. « J’ai voulu sauter les planches à un moment donné, et ma chaîne par la suite s’est coincée contre mon cadre. J’ai dû m’arrêter pour la remettre, mais je ne me suis pas affolé. J’ai gagné en sagesse ce qui change par rapport à un passé récent. Je sais qu’un cross c’est une heure, et que c’est long.» Son parcours de routier a matiné aussi un Venturini nouveau, on ne gagne pas les 4 Jours de Dunkerque comme cela par hasard, ni même cette année une étape au sprint sur le la Route d’Occitanie devant Nacer Bouhanni, son ancien coéquipier chez Cofidis.

 

Reparti de Besançon il y a trois ans avec du dépit dans les yeux et à l’âme, le coureur d’AG2R-La Mondiale qui court cette année sur des vélos Merckx pour la route, et Ridley en cross (cela peut aider pour la pratique du cross ), n’a pas voulu parler de revanche, ses mots ont été modérés à l’arrivée. « Une revanche, on ne peut pas dire cela comme cela. J’étais très triste en quittant cette ville il y a trois ans, mais dans le vélo il faut vite rebondir ce que j’ai fait. Je suis content de gagner ce Championnat de France 2019, et que Francis Mourey qui disputait son dernier Championnat national, soit avec nous sur le podium. C’est lui qui m’a donné l’amour de la discipline, qui a fait briller mes yeux pour le cross lorsque j’étais juniors. Il était le grand coureur français, celui qui faisait même référence sur le plan international. Sa présence à mes côtés valorise ma victoire, et j’en suis fier. J’ai vraiment abordé ces France de manière cool, relax. Je suis très heureux d’offrir cette victoire à mon équipe, de débuter la saison de la sorte. AG2R-La Mondiale tient sa première victoire de l’année. » La saison aura-t-elle une suite. « Je n’en ai aucune idée, si ma saison de cyclo-cross s’arrêtera ici ou pas, et si je vais reprendre la route dans quelques jours. Le cyclo-cross de toute manière je l’ai toujours en moi, c’est pour moi comme un retour aux sources. Je ne souhaite pas complètement l’arrêter, même si je suis plus routier désormais. Mais cela me permet d’agrémenter mes entraînements hivernaux. Je le répète, je n’ai vraiment aucune idée si ce maillot va changer mes plans, et ceux de l’équipe, par rapport à la suite de la saison hivernale. Je sais que j’ai aussi de grosses envies sur la route ». Mais peut-être que rouler sur des vélos Belges, et Eddy Merckx, permettra à Venturini de pousser un peu plus sa saison dans les sous-bois. Réponse, sans doute, sous peu.

 

Hervé Bombrun

 

Championnats de France de cyclo-cross 2019 élite hommes – Podium
Photo: FFC-Patrick Pichon