
Bryan Coquard est un jeune homme pressé. Il est comme cela depuis les rangs juniors, puisque son palmarès est orné de deux titres de champion du Monde de l'omnium. Il a ajouté cette année un classement général de la Coupe du Monde, et depuis la fin de soirée une médaille d'argent pour l'entrée dans le programme des Jeux de cette discipline, qui est en quelque sorte un décathlon de la piste.
A 20 ans, le coureur de Pont-Château, fief de Jean-Yves Plaisance, et qui comme tout coureur du crû a goûté au cyclo-cross au début de sa carrière, a "réalisé son rêve en ramenant une médaille des Jeux, disait-il avec beaucoup d'émotion dans la voix. J'avais l'objectif de participer aux Jeux depuis un an, de ramener une médaille depuis quelques mois et cette ambition s'est encore précisée ces dernières semaines." Redescendu cinquième du général de cette première omnium Olympique, après le tournoi de poursuite individuelle, le sociétaire de Vendée U n'a pas pris cette "retrogradation" comme un coup d'arrêt, mais plutôt un avantage car cela le mettait beaucoup sous le feu des projecteurs et " moins aussi sous la pression des autres concurrents, je n'avais plus le poids de la course à supporter", analysait-il avec une grande intelligence et lucidité. Il a ensuite brillé sur le scratch en doublant une bonne partie du peloton. Sa belle décbauche d'efforts ne l'a pas empêché pour finir de se classer troisième de cette épreuve ce qui l'a ramené dans le jeu de la médaille, puisqu'avant le kilomètre il s'est retrouvé premier ex-aequo avec un total de vingt-cinq points en compagnie de Viviani (Italie) et de Hansen (Danemark).
"Je savais que si je finissais devant Kluge j'étais assuré de faire une médaille, disait-il en rigolant. J'avais fait mes petits calculs à moi... Mais pour le titre Hansen était au-dessus, il chute dans le scratch et réussit par la suite à doubler seul. C'était le plus fort, il mérite la victoire.."
Coquard mérite aussi sa part de "lumière", car ce solide sprinter sur la route, qui passera pro en janvier prochain chez Europcar, court aussi bien avec ses jambes qu'avec sa tête, et cela paie. La preuve avec ce deuxième podium sur la piste pour la France qui est d'ores et déjà assurée de ramener le même nombre de médailles qu'à Pékin il y a quatre ans. A minima, car la moisson tricolore n'est pas terminée, et nul doute que l'argent de Coquard a donné beaucoup de baume au coeur au camp tricolore ravit dans son ensemble de la belle prouesse réalisée par ce gamin facétieux et si attachant
. De Londres, Hervé Bombrun
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