Juliette Vandekherkove, crédit photo Sylvain Leblanc

Juliette Vandekherkove, crédit photo Sylvain Leblanc

Juliette Vandekerkhove, alias « VDK » est de retour dans les pelotons dames depuis ce début de saison. La petite princesse du cyclisme, championne du Monde de poursuite juniors et du contre-la-montre, a en effet effectué son retour, à 34 ans. Interview avec une femme posée, mère aujourd’hui d’une petite fille et de deux garçons.

 

France Cyclisme : Juliette qu’est-ce qui motive votre retour à la compétition ?

Juliette Vandekerkhove : Tout simplement un projet de famille que nous avons mis en place avec mon mari et mes enfants.  J’ai arrêté le cyclisme suite à un ras-le-bol général. J’avais envie de construire ma vie de femme, de famille, et comme maintenant c’est chose faite, je suis dans de bonnes dispositions pour reprendre le cyclisme.

 

FC : Te fixes-tu des objectifs, ou es-tu juste poussée pour l’instant par l’envie de reprendre ?

JV : J’ai plus l’envie de reprendre, et surtout de prendre du plaisir, les objectifs découleront de la forme, si j’arrive à retrouver un niveau, c’est à ce moment-là que l’on pourra évoquer le mot objectif. A ce jour c’est prématuré. Tu sais très bien que l’on ne redevient pas athlète de haut-niveau comme cela sur un simple claquement de doigts, surtout après treize ans d’inactivité et trois grossesses. Je suis réaliste. J’ai les pieds bien sur terre, je sais que le chemin sera long. J’en suis consciente, il y a, il y aura des étapes à franchir. Je prendrais le temps. Je me le donne en tous les cas.

 

FC : Les Championnats de France sur route à Saint-Omer ont-ils été aussi un élément déclencheur ?

JV : Reprendre le vélo, non. C’est en regardant les derniers JO avec mon mari. Il m’a posé beaucoup de questions. Jusqu’à présent nous n’avions pas trop parlé de ma carrière, du monde du vélo, et là nous avons vu à Rio, que la moyenne d’âge des filles qui marchaient était quand même élevé. L’Américaine Kristin Armstrong a été sacrée Championne Olympique à 42 ans, et est mère de famille. Cela a été un point déclencheur. Je me suis dit que je n’étais pas si vieille que cela à 34 ans, et que je pouvais encore me permettre d’être à haut-niveau. Ou d’essayer d’y revenir. Concernant Saint-Omer cela a été un déclencheur, oui, mais juste peut-être sur le fait de reprendre la compétition cette année. Quand j’ai recommencé à rouler mi-octobre, Saint-Omer n’était pas dans mon esprit. Mais ma forme est assez vite revenue. Mon entraîneur m’a alors dit tu peux reprendre les compétitions en 2017. Moi je n’y pensais pas, mais je dois reconnaître que pour un début cela revient pas trop mal.

 

FC : Et donc là Saint-Omer a été une forme de déclic ?

JV : Oui quand on m’a dit que je pouvais reprendre la compétition cette année, avec Saint-Omer comme Championnat de France, comme ville retenue, cela m’a motivé, car je ne te cache pas que dans ma carrière je n’ai jamais eu la chance de pouvoir disputer un Championnat de France que ce soit sur route, ou que ce soit sur piste chez moi, dans ma région. J’aimerais m’y aligner, maintenant on en est loin. Il faut se qualifier. J’ai beau m’appeler Juliette Vandekerkhove, ma place n’est pas acquise par avance. J’ai arrêté le vélo, mais durant mon arrêt d’autres filles sont montées en puissance et ont une place légitime. On verra bien si mon CTR me sélectionne et m’aligne sur ces France.

 

FC : Aujourd’hui, que fais-tu Juliette ? Dans quel club as-tu signé ?

JV : Je suis professeur d’EPS, et j’ai signé au club de la Madeleine qui compte dans ses rangs pas mal de filles, Élise Delzenne, Fiona Dutriaux et j’ai surtout signé Lucien Clouet. Je voulais travailler avec lui, parce qu’il me connaît bien, et suit pas mal les filles. Je voulais partir avec quelqu’un en qui j’avais confiance, et qui me connaissait bien.

 

Propos recueillis

Par Hervé Bombrun